Erika : Total, coupable, forcément coupable…
Publié par gher sur janvier 19, 2008

Le naufrage de l’Erika est un cas idéal de mauvaise communication de crise. Tous les consultants et formateurs (dont ceux de GCI) l’ont inscrit un jour ou l’autre dans leurs études de cas tellement il est exemplaire. Le groupe Total et son Président à l’époque des faits ont reconnu depuis leur faute de communication. Ce qui est rare. La faute majeure et définitive tient en quelques mots : « Juridiquement, nous ne sommes pas responsables … ». Ils furent prononcés par le Président de Total au micro d’Europe 1 le matin suivant le naufrage. C’était la réponse maladroite du groupe à l’émotion provoquée par cette nouvelle marée noire qui était aussi une marée médiatique. Neuf ans après, le matin de l’annonce de la décision du tribunal correctionnel de Paris, le maire du Pouliquen pouvait dire sur la même radio « Le jour du naufrage, nous réunissions nos bénévoles pendant que Total réunissait ses avocats… ».
Quelques enseignements (toujours les mêmes) que nous répétons sans cesse :
- La première attitude de l’entreprise, les premiers mots sont déterminants…
- En matière de communication de crise, attention aux conseils des juristes
- Un grand procès médiatique se gagne aussi (surtout ?) en dehors de la salle d’audience.
La condamnation de Total le 16 janvier va peut-être faire jurisprudence en matière de droit de l’environnement, mais il y a déjà neuf ans que l’entreprise a été jugée coupable et condamnée par l’opinion. Certains y verront un lien de causalité.


